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Carnet de voyage

San Francisco : esprit hippie, es-tu toujours là ?

Un peu française, un peu chinoise, un peu américaine, un brin anglaise : San Francisco est à la fois complexe et décomplexée. Nous avions une semaine pour essayer d’en capter l’ambiance et voir si l’esprit du Summer of love était toujours bien présent.

Premier contact avec « SF » : frisquet ! On passe des 44°c enregistrés dans le Sud de l’Orégon aux 17°c balayés par un vent frais dans la baie de San Francisco. En bon Français, on râle un peu mais on était prévenus : la baie, ça caille ! « Juillet et août sont les pires mois à San Francisco. On est tout le temps dans le brouillard ! », confirme Antoine, Normand tombé amoureux de la ville.

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Sur le toit de San Francisco

Pas de quoi nous empêcher de partir à l’assaut des pentes abruptes de Russian Hill. La grimpette, ça réchauffe ! 31,5% de déclivité à Filbert street, quand le col de l’Alpe d’Huez plafonne à 13%, ça donne une idée… Découvrir un quartier dans ces conditions demande un minimum de condition physique et/ou d’organisation.

Quand la pente devient trop raide, on saute dans un des célèbres cable cars et en avant Guingamp ! Les quelques marches qui montent depuis Vallejo St sont difficile à avaler pour nos mollets mais ça vaut vraiment le coup : la vue sur San Francisco est imprenable. On dérange un couple d’amoureux et une colonie de perroquets qui y a élu domicile pour découvrir, entre les arbres, les toits de San Francisco puis juste derrière, le Bay Bridge qui étale fièrement ses 7 kilomètres. Un moment privilégié puisque peu de monde grimpe jusqu’ici !

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Et comme on aime tout ce qui est haut – rooftops compris – l’envie nous a pris de respirer l’air frais depuis le sommet de la Coit Tower. Cette fois, la vue est panoramique et exceptionnelle. Les toits des gratte-ciel du Financial district se perdent dans les nuages et la prison d’Alcatraz se dessine au loin. Magique !

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Course-poursuite, homme-orchestre et otaries

Mais qui dit montées, dit descentes. La plus populaire d’entre elles s’apprécie en voiture et se nomme Lombard street. Une pente tellement abrupte (27% de dénivelé) qu’on a dû faire une rue en lacets pour que piétons et voitures puissent la descendre, à 16% tout de même ! Les fans de cinéma reconnaîtront la rue qui a servi de décor pour les scènes de Magnum Force, Un amour de Coccinelle et Vice Versa. Mais surtout, le quartier a été le terrain de jeu de Steve Mac Queen, auteur d’une course poursuite mythique et sans doublure dans Bullit : vertigineux !

Retour sur terre avec un quartier ultra touristique mais que nous avons adoré : le Fisherman’s Wharf. L’ancien QG des pêcheurs est aujourd’hui devenu un lieu de balade très agréable, avec ses boutiques, ses restaurants et ses surprenants artistes de rue. Le long des quais, vous pouvez prendre un selfie avec les « sosies » de Donald Trump et Kim Jong-un et applaudir le Lone Sound Cowboy qui joue sur deux guitares et une batterie à la fois, le tout en chantant, of course !

A Fisherman’s Wharf, même la faune est au diapason : sur le Pier 39, des dizaines d’otaries se donnent en spectacle. Bataille pour avoir sa place sur le ponton, cris loup-phoques, baignades occasionnelles et numéros en tous genres. Les touristes sont ravis et nous, on pourrait rester planter là pendant des heures…

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Guerre… et Paix

Plus sérieux, le Pier 45 et ses bateaux militaires, dont le sous-marin USS Pampanito et le Jeremiah O’Brien, l’un des deux derniers des 2710 liberty ships de la seconde guerre mondiale encore en état de fonctionnement. Je réalise que nous nous trouvons devant une légende, le cargo ayant participé activement au Débarquement en Normandie, transportant troupes et matériel et traversant 11 fois la Manche. Respect !

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25 ans après la fin de la Seconde guerre mondiale, San Francisco devenait l’épicentre du mouvement hippie. Un esprit qui plane encore dans certains quartiers de la ville, comme celui de Haight Ashbury où les boutiques bigarrées le disputent aux graffitis libertaires. Sur les murs, Jimmy Hendrix y est porté en héros et les amoureux du « Summer of love » affichent leur nostalgie aux couleurs de l’arc-en-ciel. Les boutiques se font psychédéliques et clairement décomplexées : c’est un peu le chant du cygne de l’amour libre et du style baba cool, revisité par quelques hipsters nés un peu trop tard.

L’esprit flottant des hippies

De l’autre côté du Golden Gate bridge, les houseboats, maisons sur l’eau flottant au bord des berges de Sausalito, rappellent aux jeunes générations que des hippies se sont établis ici dans les années 1970. Aujourd’hui, la plupart sont partis, laissant place à des yuppies en quête d’un havre de paix, mais la balade vaut le détour. On s’attend à tout moment à voir sortir le chanteur Antoine de ces maisons-bateaux protéiformes, décorées façon kitsh avec tout un tas de babioles. Revers de la médaille : la plupart des allées sont aujourd’hui interdites au public.

SAN FRANCISCO Sausalito houseboats pier california

On retrouve aussi cet esprit soixante-huitard dans le quartier de Mission, autrefois un peu ghetto et toujours un peu canaille. On hésite à prendre ses ruelles aux allures de coupe-gorge où se cachent de véritables trésors urbains. Sur plusieurs dizaines de mètres, s’étirent des murals tantôt contestataires, anticapitalistes et même préventifs. Un drôle de mix où se mêlent aussi des personnages de BD ou de dessins animés, voire des peintures réclamant justice pour un proche.

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Sortie par la « porte dorée »

En guise de bouquet final, retour à San Francisco par le pont du Golden Gate. Un monstre d’acier de 2,7 kilomètres, sur lequel on s’engage en voiture. Un vrai décor de film et une traversée émouvante. De retour sur terre, on s’arrête pour admirer le célèbre pont « orange international » et prendre quelques photos. Coup de bol : le brouillard du matin s’est dissipé et Mister Golden Gate se dévoile entièrement. Une belle révérence avant notre départ. Peace, San Francisco !

Valentin

San Francisco Golden gate bridge marinière Saint James californie

*** BONUS ***

Pour les nostalgiques de la chanson « San Francisco », la Maison bleue de Maxime Leforestier se trouve dans le quartier de Castro, au 3841 de la 18th street. Une jolie plaque en cuivre indique que vous ne vous êtes pas plantés 😉

La maison des Grateful Dead, groupe mythique de San Francisco notamment connu pour son tube Truckin se trouve au 710, sur Ashbury street. La dernière demeure de Janis Joplin est située au 112 Lyon street.

 

* Bon plan : pour un picnic ou simplement se balader, montez sur le toit de la banque Wells Fargo sur le Crocker Galleria rooftop, au coin de Post et Montgommery street : entrez et demandez, l’accès est gratuit !

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Source : Wikimédia Commons