Portland weird - à la une
Carnet de voyage

Portland weird, vous avez dit bizarre ?

Portland se revendique comme une ville « weird ». Bizarre, étrange, fantasque. Un peu barrée quoi. Ce qui n’était pas pour nous déplaire. Mais une question est sur toutes les lèvres… D’où lui vient cette réputation de Portland weird ? Tour d’horizon de notre séjour à Portland.

 

Portland s’apprivoise

Au début, on était loin du tableau dressé par la télé et les magazines. La ville est avant tout industrielle et au premier abord on ne saute pas au plafond. Pourtant, derrière ses ponts qui font grise mine et ses entrepôts sévères, Portland a su se forger une sacrée réputation. Elle est même devenue, ces dernières années, une ville dans le vent. Le temple du cool. Ville de hipsters, d’adeptes de goat yoga (c’est du yoga mais avec une chèvre sur ton dos) et de bobos en pagaille. A Portland on trie ses déchets, on fait du compost et on cultive ses propres légumes. A Portland on croise des petits cafés et des micro-brasseries au détour des rues. A Portland on aime l’huile d’avocat, les fruits organics et les graines de chia. En bref, c’est cool, c’est bio, c’est détendu de la beubar.

Portland weird - mural

Keep Portland Weird

Pour en revenir au bizarre, c’est vrai qu’on a été servis ! En l’espace d’une journée on a vu des feuilles de marijuana dans les arbres (on vous rassure c’était un érable du japon ), un type arrêté sur l’autoroute la lunette arrière criblée de 6 impacts de balle, un building rose (la U.S. Bancorp Building), des donuts bacon/sirop d’érable (chez Blue Star Donuts), une poète « à embaucher » installée dans la rue, la plus grande libraire indépendante du monde (Powells City of Books, un lieu incroyable et incontournable) et la roseraie expérimentale la plus ancienne des USA (International Rose Test Garden ou « Garden of roses » pour les intimes). Niveau de bizarrerie plutôt pas mal pour ce début de semaine !

Portland weird - poet for hire

Apocalypse now

Le deuxième aspect qui renforce le côté weird de la ville, c’est malheureusement le nombre important de homeless (SDF) dans Old town (vers Chinatown/Burnsidebridge). Le quartier déborde littéralement de sans abris et de junkies contribuant à donner une atmosphère post-apocalyptique à notre balade. Comme si certains s’étaient endormis là où ils sont tombés. Dans les parcs, sur les trottoirs, sous les porches. Ils ont tous les âges, trient les canettes vides pour se faire quelques dollars ou s’improvisent coiffeur pour les copains. L’un d’eux tente de démonter un panneau de circulation avec sa chaussure, quand l’autre prêche avec conviction pour un public qu’il est le seul à voir. Les sans-abris semblent avoir annexé Old Town. Si nos clochards ont la « Villageoise », ici les homeless ont la beuh, le crack ou la meth. La majorité de ceux que l’on croise plane. Ils sont dans leur monde et semblent n’importuner personne. Cohabitant avec les touristes de passage et leurs compagnons de galère. La lutte contre la pauvreté est un sujet pris à bras le corps par nombre de villes américaines. C’est un fléau important aux USA et Portland, malgré les dispositions prises par la ville, n’y échappe pas.

Portland weird - old town

Yoga, cannabis et broccolis

Pour en revenir à un peu de légèreté, nous avons aussi « vécu » le Portland weird grâce à nos hôtes ! Un peu bobo, un peu yogistes. Un peu bio, un peu bouddhistes. Ils nous ont fait voyager au pays des attrapes-rêves et des salutations au soleil ! S’extasiant, en famille, sur le goût « amaaaazing » d’un brocoli cuit à la vapeur (véridique) ! Nous proposant un joint (pour rappel, le cannabis est légal dans l’état de l’Oregon ) et de participer à une séance de danse pour « communier avec notre prochain »… ! Vous avez dit « weird » ?!

Portland weird - erable du japon

Côté nature

Ce serait pourtant dommage de résumer Portland à sa seule bizarrerie. Alors si on veut prendre la tangente et découvrir une autre facette de la région il faut rouler un peu. A une heure à l’Ouest de Portland se trouve le domaine viticole de Fairsing Winery qui organise des soirées pique-nique pendant l’été. La vue époustouflante à 360° sur les vignes et les montagnes, la dégustation de vin (du Pinot) et les s’mores (marshmallows + chocolat + crackers) au coin du feu finissent de parfaire le tableau. Au loin, on aperçoit le Mont Hood et ses cimes enneigées. Installés dans les fauteuils, face à l’immensité, un verre à la main… On est bien Tintin !

Portland weird - winery view

Côté baignade

Lors de notre séjour, les températures caniculaires ont aussi été un bon prétexte pour chercher des spots pour se baigner aux alentours de la ville. Le premier que nous avons testé est à 1h30 au Nord-Ouest de Portland : la station balnéaire Cannon Beach dont le front de mer sauvage n’est pas sans nous rappeler certaines plages de la côte normande. Un local nous explique que la météo à Cannon Beach est généralement l’inverse de celle à Portland. Manque de bol, cet après-midi là il fait 36° à Portland… et 18° à Cannon Beach ! Autant vous dire que la première baignade de Valentin dans le Pacifique s’est résumée au bain de pieds !

Portland weird - panoramique

Deuxième spot : le lac Oswego situé à 20 petites minutes de Portland. Histoire de faire un plouf au milieu des sublimes propriétés établies sur les pourtours du lac avec leurs pontons plongeant dans l’eau et leurs bateaux amarrés. Nous on s’est contentés d’un transat en plastique et d’une grosse bouée. Ça a suffit à notre bonheur et à profiter de notre après-midi farniente !

Portland weird - oswego

Hélène

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