visite du Vieux Carré - La Nouvelle Orléans groupe musique rue royale
Carnet de voyage

La Nouvelle-Orléans : réussir sa visite du Vieux Carré (Partie 2)

C’est reparti pour la suite de notre visite du Vieux Carré, quartier historique de La Nouvelle Orléans (article précédent à lire ici). Historique par son architecture si reconnaissable (porches, balcons en bois, balustrades et dentelle de  fer forgé) et par son animation discontinue qui plonge les visiteurs dans une ambiance de fête. Berceau du jazz, la ville est fière de son héritage et la musique résonne du matin au soir. Dans le premier article je vous ai parlé de l’architecture de la rue Royale, de l’animation de Jackson Square, du musée du Presbytère, des beignets du « Café du Monde » et des sandwichs Po’boy. Voici de quoi agrémenter la suite de notre visite dans le Vieux Carré.

 

6. S’aventurer sur Bourbon Street

Qui dit visite du Vieux Carré, dit aussi s’aventurer sur Bourbon Street de jour comme de nuit pour goûter aux différentes ambiances. A l’instar du Strip de Las Vegas, c’est sur Bourbon Street qu’on vient faire la fête. Boire. Lâcher les rênes. Ça sent les poubelles et la bière. Ça colle par terre. Ça joue fort et dans tous les sens. Ça aguiche, ça alpague. Mais ça fait partie de l’expérience ! Contrairement au reste des Etats-Unis, il est autorisé de consommer de l’alcool dans la rue à La Nouvelle-Orléans (une exception qui est également vraie pour Vegas.) Et personne ne s’en prive ! Au menu des spécialités on retrouve le « Hurricane » (l’ouragan) cocktail à base de rhums et de fruit de la passion ou les « frozen daiquiri » sorte de granité sur lequel on ajoute l’alcool de son choix et du sirop. Ajoutez à ça tout un tas d’autres cocktails au nom des jazzmen les plus connus ! A part ça me direz-vous ? Il reste la musique (pas forcément la meilleure) de toutes les sortes et dans différentes ambiances. Des clubs de jazz aux boîtes de strip-tease. Des bars à karaoké jusqu’aux nightclubs.

visite du Vieux Carré - La Nouvelle Orléans rue royale vue

Pour les mélomanes et ceux qui sont à la recherche d’un peu plus d’authenticité, rendez-vous sur Frenchmen Street dans le Faubourg Marigny pour passer la soirée. On y retrouve une ambiance festive et on se mélange aux locaux pour apprécier une scène musicale de grande qualité. Les groupes jouent généralement dès l’après-midi mais les têtes d’affiche se produisent plutôt le soir après 20h. On a adoré la « Maison » (vidéo ci-dessous) et le « 30°90° ».

7. S’imprégner de l’ambiance

La musique est partout. Du jazz mais pas que. Du funk, du blues, du jazz manouche, du swing (ou du Katy Perry sur Bourbon Street !) Au détour d’une rue, on tombe sur un groupe qui a accaparé un morceau de trottoir. Puis un autre, et encore un autre. On s’arrête pour tendre l’oreille et on s’éternise quand cela nous plait. On butine de groupe en groupe, on se laisse surprendre, emporté par la musique. Trompettes, banjos, clarinettes trombones à coulisses, saxophone, tuba… On est happé de toutes parts et c’est délicieux. C’est aussi pour ça qu’on vient à New Orleans : pour cette ferveur qui plane, pour l’animation qui déborde. Formations de jazz, orchestres et fanfares s’en donnent à cœur joie et créent un joyeux bordel festif et communicatif !

 

8. Ecouter du jazz (partout, tout le temps)

C’est à La Nouvelle-Orléans qu’est né le jazz aux alentours de 1910 avant d’émigrer vers Chicago. Autant dire qu’il est ultra respecté et mis à l’honneur. Louis Armstrong, Sidney Bechet, Fats Domino… tous originaires de NOLA, tous d’immenses stars. Comme preuve de l’attachement de la ville à la musique, c’est la toute première des Etats-Unis à construire un opéra.

Sur Bourbon Street, le Fritzel’s l’un des plus anciens clubs de jazz de NOLA est l’exception qui confirme la règle ! Ici pas de cover (droit d’entrée) ce qui est finalement une info importante à prendre en compte quand on passe d’un club à un autre. Ouvert tous les jours, il y a souvent des concerts dès la fin de l’après-midi mais à partir de 21h, la minuscule scène est occupée par le Fritzel’s Jazz Band. Et là, la terre s’arrête de tourner. Un clarinettiste, un batteur, un contrebassiste et un pianiste (l’extraordinaire Richard Scott) qui vous transportent aux bords des larmes. La musique les transcende, ils jouent avec une aisance déconcertante des rythmes endiablés. La salle n’est pas très grande, on est presque collés à eux. On tape dans les mains pour les accompagner du mieux qu’on peut, on se surprend à avoir le souffle coupé, à s’accrocher à la paille de son Hurricane… L’expérience est exceptionnelle. Le jazz n’a jamais été aussi puissant dans mes oreilles.

visite du Vieux Carré - La Nouvelle Orléans Louisiane bourbon street fritzel's

Sinon, le Graal à ajouter au programme de sa visite du Vieux Carré c’est le Preservation Hall . Le temple du jazz louisianais, haut lieu de prestige où se produisent (et se sont produits) les grands noms du jazz. Véritable institution depuis 1961, il n’y a pourtant rien à boire, ni à manger. On vient ici pour le jazz, rien que pour le jazz. Prévoir une longue file d’attente et la probabilité de devoir revenir pour le 2e set si le premier est complet. Entrer au Preservation Hall ça se mérite !

 

9. Prévoir des billets de 1$ pour sa visite du Vieux Carré

C’est l’info « pratico-pratique » de cet article pour toi Lecteur, si je ne t’ai pas perdu en cours de route. Les pourboires sont une institution aux Etats-Unis (serveurs, barmen, chauffeurs de taxi et j’en passe…) C’est la même chose quand on visite le Vieux Carré. Peu de musiciens vivent de leur musique et le « tips » est vivement conseillé, voire chaudement recommandé. A la fin d’un set (dans un club ou dans la rue), si vous prenez une photo ou une vidéo ou tout simplement parce que le groupe vous a plu. A New Orleans c’est aussi une façon de célébrer le jazz et de soutenir la musique ainsi que les artistes locaux. Pensez également à avoir sur vous votre passeport qui vous sera demandé à l’entrée des clubs qui servent de l’alcool.

 

10. Avoir envie de revenir

La Nouvelle-Orléans est une ville qui associe musique, histoire, culture et fête. Si elle est le centre névralgique de la Louisiane, son épicentre touristique, elle condense aussi une richesse historique propre aux Etats du Sud. Lors de notre séjour nous avons été immergés dans le passé esclavagiste et les enjeux de la guerre de sécession à travers notre visite de la Laura plantation, sensibilisés à la culture cajun (visite du village de Vermilionville à Lafayette) ou encore à la faune et la flore du bayou sur le Lac Martin. La diversité de la Louisiane incite à revenir.

Revenir aussi pour capter toutes les subtilités de Big Easy, ville quelque peu schizophrène. Flamboyante et nonchalante. Où le faste et l’énergie du carnaval se mêlent à un côté plus destroy et moins policé que le reste des USA. La Nouvelle-Orléans c’est tout ça à la fois. La fête et les cicatrices. La musique et la résilience. La ferveur et la renaissance.

Hélène

***BONUS***

 Fritzel’s : 733 Bourbon Street

Préservation Hall : 726 St Peter Street

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