peur en avion - selfie
Vivre son road-trip

J’ai peur en avion mais je me soigne !

Je me suis dit que les 8 heures de vol seraient le moment idéal pour écrire cet article. Car après l’étape, que dis-je l’épreuve, de la valise, voici le moment de décoller. Et ce n’est pas chose aisée pour qui a peur en avion. Cela fait pourtant 10 ans que je traverse l’Atlantique pour visiter les USA mais le vol reste le moment que je redoute le plus. Pas de bol quand on aime voyager me direz-vous. Je vous laisse avec mon article, que je vous livre dans les conditions du réel. Ou plutôt les conditions de vol.

 

Passer de l’autre côté

Arriver en avance, s’enregistrer, étiqueter ses bagages, obtenir des sièges côte à côte, enlever sa ceinture et ses chaussures, passer la sécurité, remettre sa ceinture et ses chaussures, acheter un magazine. Nous y voilà. De « l’autre côté ». Terminal 2 de Roissy-Charles-de-Gaulle. Au milieu de la fourmilière des voyageurs et des duty free à attendre le moment de monter dans l’avion.

La voyageuse pas super rassurée que je suis se demande invariablement où est sa valise. A-t-elle été chargée dans le bon avion ? S’est-elle ouverte sur le tapis roulant ? D’ailleurs a-t-elle emprunté le bon tapis roulant ? Sera-t-elle là à mon arrivée à New-York ?

J’observe les autres voyageurs. Pas ceux qui galèrent avec des enfants qui pleurent. Ni ceux qui courent pour attraper leur vol à la dernière minute. Non. J’observe les autres. Ceux qui ont l’air détendu. Ces voyageurs qui sont là, à la cool, au bar de la Caviar House en train de siroter une coupe de champagne rosé et un croissant. Celles qui ont suffisamment la confiance pour n’avoir qu’un simple sac à main. Quand moi, je transporte dans mon énorme sac à dos Quechua un mixe entre matériel de survie et surplus de ma valise. Moi aussi, un jour, je me baladerai crânement dans le terminal 2 de Roissy-Charles-de-Gaulle avec juste un Pliage de Longchamp.

peur en avion - avion décollage tarmac piste d'atterrissage

Photo Pixabay

On embarque

Puis vient le moment de l’embarquement. Celui où on se suit à la queue leu leu dans un tunnel sonore et humide qui nous digère jusqu’à l’entrée de l’avion. Le moment où la tension monte d’un cran. Où je me demande si le jeu en vaut vraiment la chandelle, si un road-trip dans le Cotentin n’aurait pas suffi.

Je me faxe entre deux sièges pour prendre place. Je me contorsionne pour enlever mon sac à dos/laisser passer les autres voyageurs/atteindre le compartiment à bagages/ne donner de coups de coude à personne. Je pense à la blague des éléphants dans une 4L…  Je pense à mon corps qui va devoir faire de l’origami pendant 8 heures. A mes jambes qui devront trouver des positions inédites pour supporter le peu de place. Je me dois de le dire : les sièges d’avion quand on est grand c’est une véritable torture ! #jemenfousjedénonce.

 

On passe aux choses sérieuses

L’avion décolle, la clim s’affole. Je plante mes ongles dans la main de mon voisin (heureusement, on se connait bien) et me répète que le Cotentin c’est vraiment super bien. Ca y est. Nous sommes dans les airs. Autrement dit dans le ciel. Autrement dit, c’est le vide en dessous. Autrement dit, si on tombe, on meurt. L’hôtesse passe « Would you like a drink ? » Euh oui, je vais prendre un Bailey’s on the rocks moi…

Je me demande si l’American Airlines est dans la liste des compagnies les plus accidentogènes jusqu’à une heureuse apparition devant moi : le chef de cabine. Ou plutôt « celui qui occupa mon imagination pendant une bonne partie des 8 heures ». Si Michael Keaton et Mickey Rourke (post chirurgie esthétique) avaient eu un fils… Ce serait lui. Fins cheveux peroxydés, gominés et attachés à l’arrière. Comme l’ensemble des traits de son visage en fait. Toutes pommettes dehors. J’espère qu’il n’y aura pas de crash, ça risquerait de faire péter ses coutures. J’imagine déjà qu’il doit être transformiste le week-end et que sa reprise de Céline Dion fait un carton… Je vais reprendre un Bailey’s je crois…

peur en avion - selfie normands voyageurs vol cabine

Avion et froid polaire

Non contente de devoir rester assise et d’avoir à faire des choix cruciaux entre « chicken or pasta », je profite aussi de la clim poussée à son maximum. Engoncée dans ma parka doublée polaire (#quandcestconfortablecestmoche) je suis frigorifiée. Je prendrais bien un grog pour changer… J’étais pourtant prête à affronter cette vague de froid : chaussures de rando, sweat à capuche et parka (en gros, tout ce qui ne rentrait plus dans la valise #çadépendçadépasse.) Pourtant le froid est saisissant. Je me demande s’il y a une raison logique. Si un déficit du moteur pourrait expliquer ce froid polaire. Si nos valises sont bien dans cet avion… Mais le chef de cabine vient de repasser. De profil, il y a une même une légère ressemblance avec Jacques Chirac… Sinon, je vous ai dit que j’avais la goutte au nez ?

 

Dormir pour oublier sa peur en avion

8 heures d’immobilité s’annoncent… 8 heures soudée à mon siège, contentionnée par la ceinture (pas besoin de vérifier : ce mot n’existe pas ; il ne s’applique qu’à cette situation très précise.) Prise au piège entre deux accoudoirs et une tablette avec un plateau repas. Autrefois le Xanax était mon ami. Aujourd’hui j’essaie de dormir un maximum. Pour ne pas décompter chaque minute qui passe. Pour oublier que j’ai mal aux dos/reins/cervicales/jambes (il n’y a pas de mention à rayer). Pour arrêter de demander « on arrive bientôt ? » à mon voisin (celui-là même qui s’est pris un coup de griffes au décollage.) Dormir pour perdre la notion du temps. Pour ne pas regarder si l’aile prend feu par le hublot. Dormir pour supporter cette inactivité et faire taire la peur. C’est quand même le vide en-dessous…

 

Happy end

Pas de turbulences à déplorer. Cet article et ma peur de l’avion, se termineront tranquillement. Je sais déjà que je les aurai oubliés à la seconde où la chaleur de New-York m’enveloppera. Merci de m’avoir tenue compagnie. J’ai compté : il me reste 80 jours avant d’embarquer pour Hawaï 

Hélène