Christophe Mendy - boxe - new york - normandie - mendez boxing gym - normands voyageurs
Portraits de Normands

Christophe Mendy, boxeur et « big daddy »

Pour rencontrer le boxeur normand Christophe Mendy, il faut se rendre au Mendez Boxing Gym, sur la 26e rue de Manhattan, à New York. Passé l’accueil, on descend un escalier étroit, où les légendes s’épinglent au mur. Rocky Balboa vous toise dès la première marche. Ambiance…

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De la sueur et du rythme

En sous-sol, une salle de sport où les tuyaux s’accrochent au plafond bas. On zigzague entre les dizaines de sacs de frappe qui s’y suspendent. L’ambiance est virile mais détendue : les coups résonnent au rythme de la musique et des encouragements. Muscles, transpiration et testostérone. Au fond, derrière les putching balls, Christophe Mendy, colosse d’1,91m pour 112kg, est en pleine séance d’entraînement avec deux jeunes femmes, Maya et Diane, une Française et une Belge qui travaillent dans la finance. Suite logique d’une carrière bien remplie comme sportif de haut niveau, le natif de Rouen est désormais coach personnel à New York. Il y a désormais sa vie, sa femme, ses deux filles.

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Christophe Mendy, des JO à Las Vegas

Pour lui, les Etats-Unis n’étaient pas LE rêve absolu. Plutôt une opportunité professionnelle. Après un titre de vice-champion d’Europe et une quatrième place aux Jeux Olympique d’Atlanta en 1996, Christophe Mendy s’installe à Las Vegas pour y débuter en professionels. « A l’époque, c’était la capitale de la boxe », précise le champion normand.

 

Auréolé de quatre cinq titres consécutifs de champion de France et une médaille de bronze aux championnats du monde, il fait alors partie des meilleurs. Le genre de poids lourd à pouvoir battre les frères Klitschko. « Je suis le premier à avoir mis Savon à terre », renchérit le boxeur de la « génération Douillet ».

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Sa vie à la loterie

De 1996 à 2001, il enchaîne les performances entre les states et la France avec un bilan plus que flatteur : 19 combats, 16 Victoire, 3 défaites. Puis il revient à Bordeaux d’abord comme éducateur sportif  puis comme déducateur spécialisé dans un centre éducatif fermé, au contact de jeunes de 13 à 16 ans malmenés par la vie. Un job intéressant pour le boxeur aux allures de grand frère, toujours prêt à aider son prochain. Après une grave blessure aux deux coudes, Christophe Mendy doit arrêter de combattre. Pourtant, la boxe le rattrape après quelques années seulement. Déterminé à renouer avec sa passion, le boxeur normand gagne à la Green card lottery qui permet de résider de manière permanente aux Etats-Unis : le sésame pour une nouvelle carrière. Ses premiers clients : des connaissances new-yorkaises qui l’ont incité à s’y installer.

Bosseur, Christophe Mendy relève ce nouveau défi sans prendre trop de coups. « Comme à l’entraînement, je travaille dur », jure le colosse. Sa clientèle ? « Des cadres, des gens qui peuvent se permettre de dépenser 100 à 200 dollars par jour pour prendre des cours de boxe ».

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« Je suis un big papa »

Retour au Mendez Boxing Gym. Avec Diane et Maya, Christophe grimpe sur le ring installé au fond de la salle. Dans un ballet chorégraphié, les deux jeunes femmes enchaînent les crochets et les directs. Physique. Souriant mais exigeant, il les pousse dans leurs retranchements. En guise de cadeau de fin de séance, coach Christophe les laisse avec une série de pompes.

On sort de la salle pour s’asseoir sur un banc adossé au Madison Square Park. Un endroit plus propice pour évoquer sa vie de famille. Sa femme qui, comme lui, est originaire de Rouen. Ses deux filles de 6 et 26 ans. Ses journées de dingue, avec ses premiers cours dès 6 heures et les derniers qui finissent à 21h. Sa « petite » qu’il doit aller chercher pour un anniversaire dans le New Jersey… Une vie à son image : souriante et généreuse. « Je suis un big papa », résume-t-il. Issu d’une fratrie de neuf frères et deux sœurs, le boxeur du Petit Quevilly a un sens aigu de la famille.

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« Faire la même chose en Normandie »

Pour sa petite fille, pour retrouver ses racines, le boxeur retournera peut-être un jour s’installer dans sa région d’origine. « J’aimerais être coach sportif en Normandie, confie Christophe Mendy. Mais en France, on ne vit pas du sport ».

Christophe Mendy retourne en Normandie une à deux fois par an. Sa femme voudrait s’installer à Etretat, mais pour l’instant, sa vie est ici, entre sa maison de Brooklyn et le Mendez boxing Gym. Entre sa famille et le ring. Toujours en équilibre.

Valentin

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Pour clore cette belle rencontre, on vous laisse avec la chanson The Boxer de Simon & Garfunkel. Bonne écoute !