danseuse à New-York - Amelie Benard portrait studio danse
Portraits de Normands

Amélie Bénard : danseuse à New-York et Normande de cœur

L’année scolaire touche à sa fin. Nous assistons aux ultimes répétitions au Ballet Hispanico avant les représentations en public. Perfectionniste, la professeure de danse Amélie Bénard, également danseuse à New-York, ne laisse rien au hasard « sur scène je veux que mes danseurs soient à leur maximum. Ça cafouille un peu aujourd’hui mais il faut leur faire confiance. Le jour J ils se surpassent toujours. »

Cela fait maintenant douze ans qu’Amélie vit à New-York. Elle en est à son troisième visa « artiste ». Si elle continue de se produire dans des compagnies, la plus grande partie de son temps est consacrée à enseigner la danse à l’école Graham, au Ballet Hispanico et au Joffrey Ballet. De grandes écoles où elle transmet à tous les âges la technique Graham. « Il y a une grande discipline dans ces écoles. Les élèves s’entraînent jusqu’à 12 heures par semaine. »

danseuse à New York - Amelie Benard repetition ballet hispanico

Exigence et bonne humeur

La danseuse professionnelle a le sens du détail : elle a préparé des sachets de bonbons français pour récompenser ses élèves les plus assidus durant l’année ! Maîtrise parfaite de l’anglais américain, Amélie semble savoir ce qu’elle veut et sait se faire respecter des élèves pour qui elle n’hésite pas à mouiller le maillot. Son talent et sa détermination y sont sûrement pour quelque chose. Son secret : un savant mélange d’exigence et de bonne humeur.

Le goût du défi

Compétitrice, Amélie aime se lancer des défis et « ne jamais prendre le chemin le plus facile ». A l’image de son parcours. Un stage de 3 semaines comme danseuse à New-York en 2015 qui se transforme en période de 6 mois. Une audition passée,« pour le challenge », à la Martha Graham School où elle décroche une bourse et une formation de 2 ans. Quitter la Seine-Maritime pour s’installer seule de l’autre côté de l’Atlantique « avec un anglais plus que moyen » n’a pourtant rien d’évident à 21 ans. Amélie traîne des pieds pour obtenir son Visa mais l’opportunité est trop belle, de devenir danseuse à New-York, et elle finit par s’envoler pour les states. Elle entre dans la deuxième compagnie de la Martha GrahamSchool, pionnière de la danse moderne et fondatrice de la technique portant son nom. Parallèlement, elle suit une formation pour enseigner. « En moins de 2 ans j’ai eu plus de travail et d’opportunités qu’en France où il y a très peu de débouchés. »

danseuse à New York - Amelie Benard portrait 4 mur de briques

Danseuse à New-York, baby-sitter le soir

Quand elle s’exprime, les idées fusent et son débit rapide traduit une vie à cent à l’heure. Partagée entre plusieurs écoles de danse à sillonner tout Manhattan. Un programme chargé auquel s’ajoute du baby-sitting deux jours par semaine « parce que j’adore les enfants. » Amélie aime quand ça bouge, quand ça va vite et le rythme new-yorkais n’est pas pour lui déplaire. Ici le temps ne s’arrête jamais : « Les restaurants servent à toutes heures, on peut acheter à manger en continu et faire ses courses à 1 heure du matin ! » La trentenaire garde malgré tout des réflexes de Française pour garder un équilibre. « J’en reviens « aux basiques » : je prépare mes repas et je m’assois pour manger. »

Histoire d’amour

New-York c’est aussi une histoire d’amour pour Amélie. « Les gens sont hyper ouverts ici. Ils sont avenants et se parlent facilement. » Plus de dix ans passés à arpenter la ville qu’elle connaît maintenant comme sa poche. « Mon plaisir, c’est de faire découvrir New-York aux autres. Quand ma famille et mes amis viennent me voir, je leur concocte des programmes pour leur séjour ! » On confirme : avant même de nous rencontrer, Amélie nous avait déjà conseillé une bonne vingtaine d’adresses pour partir à l’assaut de Big Apple ! Et c’est bien ce qui séduit chez Amélie : sa générosité. Elle s’enthousiasme pour ce qui l’entoure et aime partager : sa table, ses bonnes adresses, son parcours et sa passion pour la danse.

danseuse à New York - on the street New York city

La Normandie dans le cœur 

Même si l’éloignement avec sa famille n’est pas toujours facile. « Je rentre en Normandie tous les étés. Entre temps, je Skype avec ma maman tous les jours, même si ce n’est que 15 minutes au petit-déjeuner. » Sa maman qui est également sa première fan, suit avec beaucoup d’attention la carrière de sa fille. « Elle est au courant avant moi des articles qui paraissent me concernant ! »

Régulièrement elle demande à ses proches de lui préparer des colis avec des Kinder Choco fresh, des produits Nivea, des livres et du comté ! « Pas de camembert, car les fromages à pâte molle ne passent pas la douane ! » Son rituel quand elle rentre chez ses parents : accompagner son père à la boulangerie et sa maman faire les courses pour arpenter avec gourmandise les rayons de fromages et de yaourts, produits qu’on ne trouve pas à New-York ou à des prix dissuasifs. Finalement ce qui lui manque le plus : « Le silence, la verdure et le chant des oiseaux quand j’ouvre ma fenêtre. C’est ce que je retrouve quand je rentre chez moi à Limésy ou à Quiberville. »

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Hélène