Street art à Miami Wynwood - portraits vhils marteau piqueur
Carnet de voyage

A Miami, Wynwood ressuscite grâce au street art

Nous avons découvert l’incroyable quartier de Wynwood à Miami grâce à la visite passionnante d’Héloïse notre Normande guide chez Miami Off Road et qui m’a donné bon nombre d’infos pour cet article. Elle nous a plongés dans l’univers du street art à travers les extraordinaires fresques de ce quartier qui renaît de ses cendres. On se perd dans Wynwood en suivant les murals comme fil rouge de la visite. Véritable musée à ciel ouvert où les murs ont remplacé les toiles. Où l’expression artistique ne connaît aucune limite. Un lieu absolument immanquable pour les amateurs de street art. Wynwood on n’a pas aimé… On a ADORE.

 Street art à Miami Wynwood - enfants i love wynwood

Passion street art

Pourtant du street art on en a vu. Beaucoup. Depuis le début du voyage, dans toutes les villes que nous avons traversées, nous avons débusqué les murals à découvrir. Quitte à frôler l’overdose. Trop de street art tue le street art ? Possible. Pourtant Wynwood nous a mis la tête à l’envers. La qualité extraordinaire des fresques, leur diversité. Leur quantité impressionnante. On peut facilement y passer une petite journée (quitte à compléter par un brunch et quelques boutiques !) tant il y a à voir.

Le côté sombre de Wynwood

Au départ, Wynwood c’est un quartier qui craint. Construit en 1917 le long de la baie et de la voie de chemin de fer, Wynwood est avant tout dédié à l’industrie. La partie Nord est alors occupée par les employés et au Sud on trouve les entrepôts qui offrent aujourd’hui des surfaces immenses et peu d’ouvertures pour les artistes qui ont pris possession des lieux. Puis Wynwood devient le quartier d’arrivée de tous les immigrants d’Amérique du Sud et centrale. Les tensions montent entre les communautés et Wynwood est gangrené par le chômage, le trafic d’armes et la drogue. Rien que ça. A l’image de Miami, ville à la réputation sulfureuse tombée aux mains de la pègre et des cartels, dont l’Amérique ne se préoccupe guère. Il faudra attendre la fin des années 80 pour que les artistes profitent des loyers peu élevés pour investir le quartier et y installer leurs ateliers et galeries. Wynwood peut renaître de ses cendres.

Street art à Miami Wynwood - Bushwick Collective et Golden 305

Bushwick Collective et Golden 305

Révisons nos classiques

Avant d’entrer dans le vif du sujet, une mise à jour s’impose. Si je vous dis tag, graffiti et street art… Savez-vous ce qui différencie les 3 ?? Parce qu’on ne met pas tous les coups de bombe dans le même panier. Le tag est une simple signature, voire un marquage de territoire. Voire un gribouillage qui n’a aucune valeur esthétique. Le graffiti est un lettrage qui représentait à l’origine le nom de l’artiste. Au départ, peu de couleurs et des motifs succincts pour faire vite et de nuit pour échapper à la police. Le street art quant à lui se caractérise par ses fresques abouties (murals) et la formation artistique de ses artistes (Beaux Arts, architecture, dessin, design…)

On récapitule :

Chaque année, « Art Basel » repeint Wynwood

Wynwood est devenu sûr et même un peu bobo. Aucun problème pour s’y promener de jour comme de nuit. Boutiques et restaurants ont ouvert leurs portes pour finir d’en faire le nouveau lieu à la mode. En ce dimanche matin de novembre, l’ambiance est assez calme. Plutôt le terrain de jeux des touristes en goguette et des instagrammeuses qui se préoccupent davantage de leur bon profil que des messages délivrés par les fresques. Pourtant d’ici quelques semaines, le quartier prendra des allures de fourmilière et les artistes du monde entier y prendront leurs quartiers le temps de la foire annuelle d’art contemporain « Art Basel » (première semaine de décembre.) Dès la fin du mois de novembre, les murs seront repeints pour laisser la place à de nouvelles fresques.

Street art à Miami Wynwood - art basel

Street art porteur de messages

S’il y a un mot qui caractérise les artistes de street art à Wynwood c’est l’engagement. L’environnement et la politique sont leurs sujets de prédilection. Leurs armes : des bombes de peintures, pinceaux, crayons et même parfois marteau piqueur pour laisser une empreinte et faire naître une réflexion collective.

Symbole de cet engagement, la fresque « WE DEMAND », née de la collaboration entre l’artiste JayMackMusic et le père d’une des victimes de la tuerie de Parkland survenue le 14 février 2017 au Nord de Miami. Ce mural est un soutien affiché à la campagne anti-arme de l’ancien maire de Miami Beach, Philip Levine. Aux côtés des personnalités américaines qui ont contribué à l’évolution de la société (Lincoln, Malcolm X, Mohammed Ali… Jim Morrison?!) figure Joachim le jeune homme décédé (à droite de la fresque) et Emma Gonzalez militante pour le contrôle des armes à feu et réchappée de la fusillade (à droite de Lincoln).

Dans un autre registre, le couple d’artistes Clandestinos a réalisé cette fresque majestueuse intitulée « Free Lolita » pour dénoncer la captivité de l’orque Lolita au SeaQuarium de Miami depuis 45 ans. Enlevée dans la nature à l’âge de 4 ans, elle est depuis utilisée tous les jours pour réaliser des spectacles devant les touristes du parc.

Street art à Miami Wynwood - Clandestinos Shalak Attack et Bruno Smoky

Clandestinos (Shalak Attack et Bruno Smoky)

 

Wynwood aux mille visages

Wynwood est en constante mutation. Des fresques d’une qualité exceptionnelle s’effacent pour que de nouvelles, toutes aussi belles, apparaissent le temps d’une année. C’est peut-être ça le secret de Wynwood. Accepter l’éphémère et savoir se métamorphoser. Se réinventer. Aujourd’hui, la ville cherche à garder ses artistes poussés vers la sortie par des loyers prohibitifs. Le quartier bataille dur pour garder son identité et une certaine authenticité.

Hélène

Merci à Héloïse, guide passionnante et passionnée de Miami Off Road pour sa visite guidée et la mine d’informations qu’elle nous a transmis.